Bonjour,
Je voudrai savoir es ce que on peut vivre de l'intérim?
Je suis actuellement en contrat de travail et je souhaite savoir si je peux vivre de l'intérim en crèche ?
Quelle sont pour vous les avis sur l'interim?
Tu gagneras plus de fric qu'un ancien de la boîte
Sauf que... Je me pose des questions sur les congés payés
Et pour la retraite tu as fait le calcul si tu es gagnant ou perdant ? Travailler en intérim en France peut offrir une certaine flexibilité et des avantages, comme des primes de fin de mission (10 % du salaire brut) et des congés payés indemnisés (IFM et ICCP), mais cela comporte aussi des inconvénients significatifs pour la retraite. Voici une analyse détaillée des principaux problèmes auxquels tu peux être confronté en tant qu’intérimaire vis-à-vis de ta retraite :
1. Instabilité des périodes de travail et impact sur les trimestres validés
- Problème : En intérim, les missions sont souvent courtes et discontinues, ce qui peut entraîner des périodes sans emploi. Pour valider un trimestre de retraite en France, il faut avoir travaillé et cotisé sur un salaire équivalent à 150 fois le SMIC horaire brut (soit 1 645,50 € brut en 2025, basé sur un SMIC horaire de 10,97 €). Si tu enchaînes des missions courtes ou si tu as des périodes de chômage fréquentes, tu risques de ne pas atteindre ce seuil chaque trimestre.
- Conséquence : Moins de trimestres validés signifient une retraite de base (via la CNAV) plus faible, car il faut 172 trimestres (43 ans) pour une retraite à taux plein (si tu es né après 1973). Si tu n’atteins pas ce seuil, tu devras travailler plus longtemps ou subir une décote sur ta pension (5 % par année manquante, jusqu’à 25 % max).
- Exemple : Si tu travailles 6 mois par an en intérim pendant 20 ans, tu valides environ 40 trimestres au lieu de 80, ce qui te force à travailler jusqu’à 67 ans (âge de la retraite à taux plein automatique) pour éviter une décote.
2. Salaire souvent plus bas et impact sur le calcul de la pension
- Problème : Les intérimaires ont souvent des salaires plus faibles que les CDI pour des postes similaires, surtout en début de carrière ou dans des secteurs peu qualifiés (BTP, logistique). La pension de retraite est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire (le "SAM" – salaire annuel moyen). Des salaires bas ou irréguliers tirent cette moyenne vers le bas.
- Conséquence : Une pension de base plus faible. Par exemple, si ton SAM est de 15 000 € par an (au lieu de 25 000 € pour un CDI), ta pension sera proportionnellement plus basse. Avec un SAM de 15 000 €, un taux plein de 50 % et 172 trimestres, tu toucherais environ 625 €/mois, contre 1 041 €/mois avec un SAM de 25 000 €.
- Aggravation : Les primes de fin de mission (IFM) et d’indemnité de congés payés (ICCP) ne sont pas prises en compte dans le calcul des droits à la retraite, car elles ne sont pas considérées comme du salaire cotisable, ce qui réduit encore tes revenus pris en compte.
3. Difficulté à cotiser pour les retraites complémentaires
- Problème : Les intérimaires cotisent à l’Agirc-Arrco (retraite complémentaire), mais les périodes de chômage ou de faible activité réduisent les points accumulés. Les points Agirc-Arrco sont calculés sur la base de ton salaire brut : 1 point = 6,219 € de salaire cotisé en 2025 (valeur d’achat du point). Avec des salaires irréguliers, tu accumules moins de points.
- Conséquence : Une retraite complémentaire plus faible. Par exemple, si tu gagnes 12 000 € brut par an, tu obtiens environ 193 points sur l’année (12 000 ÷ 6,219). Avec une valeur de point à 1,3498 € en 2025, cela te donne 260 €/an (21 €/mois) de complémentaire. Un CDI à 25 000 € brut/an accumulerait 402 points, soit 542 €/an (45 €/mois). Sur 40 ans, l’écart est énorme.
- Aggravation : Les intérimaires ont rarement accès à des dispositifs d’épargne-retraite d’entreprise (comme le PER collectif), contrairement aux salariés en CDI dans des grandes entreprises, ce qui limite leurs options pour compenser.
4. Périodes de chômage et validation partielle des droits
- Problème : Les intérimaires connaissent souvent des périodes d’inactivité entre deux missions. Bien que le chômage indemnisé (via France Travail, ex-Pôle Emploi) permette de valider des trimestres pour la retraite, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures dans l’année pour bénéficier d’une allocation chômage suffisante. Si tu es en dessous de ce seuil, tes périodes sans mission ne te rapportent rien pour la retraite.
- Conséquence : Les trimestres non travaillés et non indemnisés creusent un "trou" dans ta carrière. Par exemple, si tu as 5 ans de périodes sans cotisation sur 40 ans de carrière, tu perds 20 trimestres, soit 5 ans de cotisation, ce qui peut te forcer à travailler jusqu’à 67 ans ou accepter une décote.
- Nuance : Si tu touches l’ARE (allocation de retour à l’emploi), 50 jours d’indemnisation valident 1 trimestre (max 4 trimestres par an). Mais si tu n’es pas indemnisé (par exemple, après une mission trop courte), tu ne valides rien.
5. Accès limité aux dispositifs de départ anticipé
- Problème : Les intérimaires ont souvent des carrières hachées, ce qui complique l’accès à des dispositifs comme la retraite anticipée pour carrière longue. Pour en bénéficier, il faut avoir commencé à travailler avant 20 ans et avoir validé 5 trimestres avant la fin de l’année de tes 20 ans, en plus d’avoir les 172 trimestres requis. Avec des missions irrégulières, il est difficile de remplir ces conditions.
- Conséquence : Tu risques de devoir travailler jusqu’à 62 ans (âge légal) ou 67 ans (taux plein automatique), alors qu’un salarié en CDI ayant débuté tôt pourrait partir à 60 ans. De plus, les métiers intérimaires (souvent physiques, comme le BTP) usent davantage, mais les intérimaires ont moins accès à des dispositifs comme le compte professionnel de prévention (C2P) pour compenser la pénibilité.
6. Moins de protection sociale et d’avantages pour la retraite
- Problème : Les intérimaires ont un accès limité à certains avantages sociaux qui influencent indirectement la retraite. Par exemple, ils ne bénéficient pas toujours de mutuelles d’entreprise avantageuses (souvent souscrites par les agences d’intérim, mais avec des garanties minimales), ce qui peut augmenter leurs dépenses de santé à long terme. De plus, ils n’ont pas accès à des dispositifs comme le CET (Compte Épargne Temps), qui permet aux CDI de mettre de l’argent de côté pour un départ anticipé.
- Conséquence : Tu devras compter uniquement sur tes cotisations de base et complémentaires, sans "bonus" comme ceux offerts par des entreprises stables. Cela peut te forcer à épargner davantage de ton côté (via un PER individuel, par exemple), ce qui est difficile avec un salaire irrégulier.
7. Difficulté à planifier et à anticiper
- Problème : L’intérim rend la planification financière compliquée. Avec des revenus fluctuants, il est difficile d’épargner pour compléter ta retraite ou de souscrire à des produits d’épargne-retraite (PER, assurance-vie). De plus, les agences d’intérim ne fournissent pas toujours des relevés de carrière clairs, ce qui peut compliquer le suivi de tes droits.
- Conséquence : Tu risques de découvrir tardivement que tu as moins de trimestres ou de points que prévu, ce qui peut te forcer à travailler plus longtemps ou à vivre avec une pension réduite. Par exemple, un intérimaire ayant travaillé 30 ans avec des interruptions pourrait toucher 800 €/mois (base + complémentaire), contre 1 200 € pour un CDI équivalent.
Solutions pour limiter ces inconvénients
- Maximise les trimestres validés : Cherche à cumuler suffisamment d’heures par trimestre (au moins 150 h SMIC par trimestre pour valider). Si tu as des périodes creuses, envisage des formations (elles peuvent valider des trimestres via le CPF ou des dispositifs comme le congé de formation).
- Suis tes droits : Vérifie régulièrement ton relevé de carrière sur le site de l’Assurance Retraite (lassuranceretraite.fr) pour t’assurer que toutes tes missions sont bien prises en compte. Les erreurs de déclaration par les agences d’intérim sont fréquentes.
- Épargne dès que possible : Même avec des revenus irréguliers, mets de côté une petite somme chaque mois sur un PER individuel (à partir de 50 €/mois). Les versements sont déductibles fiscalement, et cela te permettra de compléter ta pension.
- Recherche la stabilité : Si possible, utilise l’intérim comme tremplin pour décrocher un CDI, qui te garantira des cotisations plus régulières et des avantages sociaux (mutuelle, CET, etc.).
- Informe-toi sur la pénibilité : Si tu travailles dans un secteur pénible (BTP, manutention), renseigne-toi sur le C2P (Compte Professionnel de Prévention) via ton agence d’intérim. Cela peut te donner des points pour partir plus tôt ou te former à un autre métier.
Conclusion
Travailler en intérim en France peut compliquer ta retraite à cause de l’instabilité des périodes de travail, des salaires souvent plus bas, et des difficultés à accéder à des dispositifs avantageux (carrière longue, épargne-retraite d’entreprise). Cela peut se traduire par une pension plus faible (base et complémentaire) et un départ à la retraite plus tardif. Pour limiter ces inconvénients, il est crucial de maximiser tes trimestres validés, de suivre tes droits de près, et d’épargner dès que possible pour compléter ta pension. Si tu peux, envisage de passer à un CDI à moyen terme pour sécuriser ta future retraite. Bonne chance pour ton parcours professionnel !