Bonjour, j'ai plusieurs idées qui ont germés dans ma tête sur des concepts de startup, après renseignement, certaines n'ont jamais été faites, et pourraient être un vrai succès d'après moi. J'ai effectué une brève étude de marché et j'ai calculé les coûts totaux qui s'élèvent théoriquement entre 10,000€ et 15,000€ en comptant la création juridique SARL/SASU, comptable, avocat... Production, logistique et communication/marketing. Et je voulais savoir comment réduire ces coûts au maximum, par exemple en créant cette startup dans un autre pays ou autre... De plus est-ce possible de créer une tel entreprise dans le pays dans lequel les coûts seraient réduits, à 16 ans ?
Oui tu peux sans problème pour l' Angleterre, sinon...
Bonjour ! C’est super que tu aies des idées de startup et que tu aies déjà effectué une étude de marché et une estimation des coûts. Ton budget de 10 000 à 15 000 € pour la création d’une SARL/SASU en France, incluant les frais juridiques, comptables, d’avocat, de production, logistique et communication/marketing, est réaliste, mais il y a effectivement des moyens de réduire ces coûts, que ce soit en France ou à l’étranger. De plus, tu as 16 ans, ce qui ajoute une contrainte légale, mais il y a des solutions possibles. Je vais répondre à tes deux questions : comment réduire les coûts et si tu peux créer une startup à 16 ans, en France ou ailleurs.
1. Comment réduire les coûts de création de ta startup (en France ou à l’étranger) ?
Réduire les coûts en France
Voici quelques pistes pour minimiser les dépenses tout en restant en France :
- Création juridique (SARL/SASU) :
Les frais de création d’une SARL ou SASU en France incluent des coûts obligatoires comme la rédaction des statuts, la publication d’une annonce légale, l’immatriculation et la déclaration des bénéficiaires effectifs. Selon les informations disponibles, ces frais s’élèvent à environ 200 € minimum pour une SARL ou SASU (publication d’annonce légale : 144-168 €, immatriculation : 37,45 €, déclaration des bénéficiaires effectifs : 21,41 €). - Astuce 1 : Fais-le toi-même. Évite de passer par un avocat ou un service juridique en ligne (qui peut coûter 400-650 €). Utilise des modèles de statuts gratuits ou à bas coût (par exemple sur des sites comme Legalstart ou Captain Contrat) et personnalise-les. Attention toutefois à bien vérifier les mentions obligatoires pour éviter des erreurs qui pourraient te coûter plus cher par la suite (par exemple, un rejet de dossier par le greffe).
- Astuce 2 : Choisis une SASU si tu es seul. La SASU est souvent plus flexible qu’une SARL pour un jeune entrepreneur, et les coûts de création sont similaires. De plus, tu peux démarrer avec un capital social symbolique de 1 €, ce qui réduit les frais initiaux.
- Astuce 3 : Domiciliation à moindre coût. Au lieu de louer un local (coût moyen : 200-500 €/mois à Paris), domicilie ta société chez toi (si ton bail le permet) ou via une société de domiciliation (30-50 €/mois). Cela réduit les frais liés au siège social.
- Frais comptables :
Un comptable peut coûter entre 1 000 et 3 000 € par an pour une petite structure. - Astuce : Gère toi-même au début. Utilise des logiciels de comptabilité simples comme QuickBooks ou Tiime (abonnements à partir de 10-20 €/mois) pour gérer tes factures et déclarations. Si tu as peu de transactions, tu peux te passer d’un comptable les premiers mois. Attention toutefois à bien te renseigner sur les obligations fiscales (TVA, déclarations sociales) pour éviter des pénalités.
- Alternative : Plateformes en ligne. Certaines plateformes comme Indy proposent des services comptables automatisés pour les petites entreprises à des tarifs plus abordables (à partir de 50 €/mois).
- Frais d’avocat :
Un avocat pour la rédaction des statuts ou des conseils peut coûter entre 1 500 et 2 500 €. - Astuce : Évite l’avocat au démarrage. Si tu as des besoins juridiques spécifiques (contrats, dépôt de marque), utilise des services en ligne comme Legalstart ou Captain Contrat, qui proposent des packs à 400 € environ, incluant statuts et formalités.
- Production et logistique :
Ces coûts dépendent de ton activité, mais ils peuvent être élevés (par exemple, 5 000-10 000 € pour un premier stock ou des équipements). - Astuce 1 : Commence petit. Si possible, adopte un modèle de dropshipping ou de précommandes pour éviter d’investir dans un stock important. Par exemple, si tu vends des produits physiques, utilise des plateformes comme Shopify (à partir de 30 €/mois) pour tester ton marché sans gros investissement.
- Astuce 2 : Négocie avec les fournisseurs. Si tu as besoin de produire, contacte plusieurs fournisseurs et négocie des tarifs ou des paiements échelonnés.
- Astuce 3 : Mutualise les coûts. Si tu as besoin d’un espace de stockage ou d’équipements, partage-les avec d’autres entrepreneurs (via des espaces de coworking ou des réseaux locaux).
- Communication et marketing :
Le marketing peut coûter cher (1 000-5 000 € pour une campagne initiale). - Astuce 1 : Utilise les réseaux sociaux gratuits. Crée une présence sur Instagram, TikTok ou LinkedIn pour promouvoir ton concept sans dépenser. Apprends les bases du marketing digital via des tutoriels gratuits sur YouTube ou des formations peu coûteuses sur Udemy (10-20 €).
- Astuce 2 : Fais du growth hacking. Par exemple, utilise des partenariats avec des influenceurs locaux (échange de visibilité plutôt que paiement) ou crée du contenu viral pour attirer des clients sans budget publicitaire.
- Astuce 3 : Crée ton site toi-même. Utilise des plateformes comme Wix ou WordPress (à partir de 5-10 €/mois) pour créer un site simple, au lieu de payer un développeur (500-2 000 €).
Réduire les coûts en créant à l’étranger
Créer une startup dans un autre pays peut effectivement réduire certains coûts, mais cela dépend du pays et des contraintes opérationnelles. Voici quelques options :
- Estonie (Programme e-Residency) :
L’Estonie est très attractive pour les jeunes entrepreneurs grâce à son programme e-Residency, qui te permet de créer une entreprise 100 % en ligne, même sans résider dans le pays. - Coûts : La création d’une société (équivalent d’une SARL/SASU) coûte environ 100-150 € (frais d’immatriculation). Les frais d’annonce légale n’existent pas, et tout se fait numériquement. Tu devras payer 50 € pour la carte e-Residency.
- Comptabilité : Les services comptables sont moins chers qu’en France (environ 50-100 €/mois via des plateformes comme Xolo ou 1Office).
- Avantages : Pas de capital minimum requis, fiscalité avantageuse (pas d’impôt sur les bénéfices si tu réinvestis dans l’entreprise), et un écosystème favorable aux startups numériques.
- Inconvénients : Si ton activité nécessite une présence physique (production, logistique), l’Estonie peut être compliquée. De plus, tu devras ouvrir un compte bancaire européen, ce qui peut être un défi à 16 ans (voir plus bas).
- Royaume-Uni :
Créer une "Limited Company" (équivalent d’une SARL) au Royaume-Uni est simple et peu coûteux. - Coûts : L’immatriculation coûte 12 £ (environ 15 €) si tu le fais toi-même via le site de Companies House. Pas de frais d’annonce légale.
- Comptabilité : Les services comptables sont abordables (50-150 £/mois).
- Avantages : Pas de capital minimum, démarches rapides (24h en ligne), et un écosystème favorable aux startups.
- Inconvénients : Depuis le Brexit, opérer depuis le Royaume-Uni pour vendre en Europe peut entraîner des frais douaniers et des complications logistiques. De plus, tu devras nommer un "director" (gérant) qui peut être toi, mais cela nécessite une adresse au Royaume-Uni (utilise une société de domiciliation pour 20-50 £/an).
- Portugal :
Le Portugal est de plus en plus populaire pour les startups grâce à des coûts réduits et un écosystème favorable. - Coûts : Créer une "Sociedade Unipessoal por Quotas" (équivalent d’une SASU) coûte environ 360 € (frais d’immatriculation et notaire).
- Comptabilité : Les frais comptables sont plus bas qu’en France (50-100 €/mois).
- Avantages : Fiscalité avantageuse pour les jeunes entreprises, main-d’œuvre moins chère pour la production/logistique, et accès au marché européen.
- Inconvénients : Les démarches peuvent être plus lentes qu’en Estonie ou au Royaume-Uni, et tu devras peut-être te déplacer pour certaines formalités.
- Production et logistique à l’étranger :
Si une partie de ton budget concerne la production, envisage de produire dans des pays à faible coût comme la Pologne, la Turquie ou le Maroc, où les coûts de main-d’œuvre et de fabrication sont bien inférieurs à ceux de la France. Par exemple, produire des vêtements ou des objets en Turquie peut coûter 30-50 % moins cher qu’en France. Cependant, cela implique des frais de transport et des droits de douane pour importer en France.
Comparaison des coûts
- France : 200-650 € pour la création juridique + 1 000-3 000 €/an pour la comptabilité + marketing/logistique (variable). Total initial : 10 000-15 000 € comme tu l’as estimé.
- Estonie : 150 € pour la création + 600-1 200 €/an pour la comptabilité + marketing/logistique (variable). Total initial : potentiellement 5 000-8 000 €.
- Royaume-Uni : 15 € pour la création + 600-1 800 €/an pour la comptabilité + marketing/logistique (variable). Total initial : 5 000-9 000 €.
- Portugal : 360 € pour la création + 600-1 200 €/an pour la comptabilité + marketing/logistique (variable). Total initial : 6 000-10 000 €.
Recommandation : Si ton activité est principalement numérique (par exemple, une application ou un service en ligne), l’Estonie est une excellente option pour réduire les coûts initiaux. Si tu as besoin de production physique, le Portugal peut être un bon compromis. Évite le Royaume-Uni si tu veux vendre en Europe à cause des complications post-Brexit.
2. Est-il possible de créer une startup à 16 ans, en France ou à l’étranger ?
En France
En France, un mineur de 16 ans peut créer une entreprise, mais il y a des contraintes selon que tu es émancipé ou non :
- Mineur non émancipé (16 ans révolus) :
Tu peux créer une SARL ou une SASU (ou leur version unipersonnelle : EURL/SASU), mais pas une entreprise individuelle (EI) ou une micro-entreprise. - Autorisation parentale : Tu as besoin d’une autorisation écrite de tes parents (ou de ton représentant légal). Ce document doit lister les actes d’administration que tu es autorisé à faire seul (par exemple, ouvrir un compte bancaire, signer des contrats d’assurance). Les actes de disposition (emprunter de l’argent, vendre l’entreprise) doivent être effectués par tes parents.
- Responsabilité limitée : La SARL/SASU limite ta responsabilité aux apports, ce qui est une protection importante pour un mineur.
- Activités possibles : Tu ne peux pas exercer une activité commerciale en nom propre (inscription au RCS interdite), mais une SARL/SASU contourne cette restriction, car la société a une personnalité juridique distincte. Tu peux donc vendre des produits ou services via cette structure.
- Mineur émancipé (16 ans révolus) :
Si tu es émancipé (par décision du juge des tutelles ou par mariage), tu as les mêmes droits qu’un majeur. Tu peux créer n’importe quelle forme d’entreprise (SARL, SASU, EI, etc.) sans autorisation parentale, sauf pour certaines sociétés comme une SNC (société en nom collectif), où tu dois obtenir une autorisation spéciale pour exercer une activité commerciale.
Conclusion pour la France : Oui, tu peux créer une SARL/SASU à 16 ans, mais si tu n’es pas émancipé, tu auras besoin de l’accord de tes parents. L’émancipation peut être une option si tes parents sont d’accord (ils doivent faire la demande auprès du juge des tutelles), mais c’est une démarche lourde (formulaire CERFA, audience avec le juge) et elle implique que tu deviennes fiscalement indépendant.
À l’étranger
Les règles pour les mineurs varient selon les pays. Voici un aperçu pour les pays mentionnés :
- Estonie :
En Estonie, l’âge minimum pour créer une entreprise est 18 ans. Cependant, un mineur de 16 ans peut le faire avec l’autorisation de ses parents ou d’un tuteur légal, similaire à la France. Le programme e-Residency ne change pas cette règle : tu devras fournir une autorisation parentale traduite en anglais ou en estonien. De plus, ouvrir un compte bancaire (nécessaire pour une société estonienne) peut être compliqué à 16 ans, car les banques demandent souvent la présence d’un représentant légal. - Solution : Utilise un service comme Wise ou Revolut pour ouvrir un compte professionnel (certains acceptent les mineurs avec accord parental).
- Royaume-Uni :
Au Royaume-Uni, il n’y a pas d’âge minimum légal pour être "director" d’une Limited Company, mais les mineurs de moins de 16 ans sont souvent refusés par Companies House. À 16 ans, tu peux théoriquement créer une société, mais tu auras besoin de l’accord de tes parents pour les démarches (notamment pour ouvrir un compte bancaire ou signer des contrats). Certaines plateformes de création en ligne (comme 1st Formations) peuvent refuser de t’aider si tu as moins de 18 ans, mais tu peux passer directement par Companies House. - Solution : Demande à un parent d’être co-director temporairement (il peut démissionner une fois que tu as 18 ans).
- Portugal :
Au Portugal, l’âge minimum pour créer une entreprise est 18 ans. Un mineur de 16 ans peut théoriquement être associé, mais pas gérant, sauf avec une autorisation parentale et une approbation judiciaire (similaire à l’émancipation en France). Les démarches sont plus complexes qu’en Estonie ou au Royaume-Uni, car elles nécessitent souvent une présence physique ou un représentant légal sur place.
Conclusion pour l’étranger : Créer une startup à 16 ans à l’étranger est possible, mais tu auras besoin de l’accord de tes parents dans tous les cas (sauf si tu es émancipé). L’Estonie et le Royaume-Uni sont les plus flexibles, mais tu devras surmonter des obstacles pratiques, comme l’ouverture d’un compte bancaire ou la nomination d’un représentant légal. Si tu choisis l’Estonie, le programme e-Residency te permet de tout faire à distance, ce qui est un gros avantage.
3. Recommandation finale
- Pour réduire les coûts : Commence en France en faisant tout toi-même (création juridique, comptabilité, marketing) pour limiter les frais à 200-500 € pour la création. Utilise des outils gratuits ou peu coûteux (Shopify, Wix, réseaux sociaux) pour la production et la communication. Si ton activité est numérique, envisage l’Estonie pour réduire les coûts à long terme (fiscalité avantageuse, comptabilité moins chère). Si tu as besoin de production physique, le Portugal peut être une bonne option.
- Pour créer à 16 ans : En France, une SASU est la meilleure option : elle est flexible, limite ta responsabilité, et tu peux la créer avec l’accord de tes parents. À l’étranger, l’Estonie est la plus accessible grâce à l’e-Residency, mais assure-toi d’avoir un compte bancaire (Wise peut être une solution).
Prochaines étapes :
- Valide ton idée avec un prototype ou un test (par exemple, une landing page pour recueillir des précommandes).
- Rapproche-toi de tes parents pour obtenir leur autorisation écrite (modèle disponible sur des sites comme Bpifrance Création).
- Si tu choisis la France, commence par rédiger tes statuts et immatriculer ta SASU via le Guichet unique (guichet-entreprises.fr). Si tu choisis l’Estonie, inscris-toi au programme e-Residency (e-resident.gov.ee).
Bonne chance pour ton projet ! Si tu as d’autres questions, n’hésite pas.