Il y avait un fois, loin dans les comtĂ©s sauvages, un dindon Ă oreilles (lâancĂȘtre de nos dindes et volailles actuelles).
Ce dindon Ă©tait fort puissant, et que trop fermĂ© Ă l'intĂ©gration patriarcale dans les boites de nuits Ă treize heures du matin. Il avait lâoreille enflĂ©e dâentendre tant de sotises lui arriver Ă ses doux conduits auditifs, et, un jour, elle tomba sous trop dâenflement dâĂ©go.
« Une sale affaire ! » disait-on dans « La rep BA.Dindon »
« Triste est lâempereur, nous allons essayer de la-lui rescotcher, selon nos spĂ©cialistes» affirmait le journal local de « MĂ©mĂ©auxortilles »
Un peu plus loins, «Cette semaine, une nouvelle recette de yaourt Ă la grecque aux Ă©pices Ă©picĂ©es ! » affichait « Miamâdon, (le magasine Dinde-nibale) »
Câest ainsi que la mort de LâOreille SacrĂ©e âcar , oui. Le nom avait Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© telâ fut connue. Et le chĂątiment Ă celui qui abimait lâoreille, soigneusement affichĂ©e sur le sol de lâAvenue Martin, nâĂ©tait pas point faible.
Un enterrement militaire suivit1. Lâoreille fut placĂ© treize jours plus tard Ă treize heure et onze minutes exactement (dire le nombre de seconde serait erronĂ©. Qui a le courage de mettre autant de prĂ©cision ?), dans un cercueil sertit de diamants et de piment dâEspelet. Touts ces soins coutĂšrent plus cher quâun bout de fromage aprĂšs lâinflation, et le prix faisait jaser les locaux encore plus que le petit pot de fleur de Madame Lulu, qui, je dois bien lâavouer, Ă©tait foutrement jolie.
Ce petit pot, dâailleurs, eut une place privilĂ©giĂ© quatre jours, six heures, sept minutes et quarante-huit minutes dans la frise temporelle.
Il ne remercia mĂȘme pas le seigneur Dindon.
Lâenterrement se poursuivit sans trop dâĂ©motions, et plus rien ne se passa avant quelques annĂ©es, lorsque, un beau soir dâĂ©tĂ©, monsieur Dindon eut une petite faim, et ouvrit la tombe ou reposait in peace lâoreille.
Il la dé-vo-ra.
Et elle était bonne.
Et à sa mort, quand on réouvra la tombe, boum. Plus rien.
âââââ-
1 : librement inspirĂ© de lâenterrement de la jambe du GĂ©nĂ©ral Santa Anna, qui a organisĂ© un tel Ă©vĂ©nement aprĂšs lâamputation de sa jambe des suites dâun coup de canon durant la bataille de Veracruse.