Une bête

Il fait beau, j'aime cette chaleur printanière.
J'ignore le temps qui me pousse brutalement,
Me bousculant en dehors de ma tanière.
Même entouré je me sens seul en ce moment.
Si seul que la froideur remplace ce soleil.
Les gens m'évitent comme les corneilles.
Je n'ai pourtant jamais sortit les griffes.
Il faut croire que ma sombre fourrure
Ne me protège en rien du grand froid si vif…
Mais je reste, où d'autres moururent,
Dans l'éternelle ombre de mes branches.
Je me perds souvent la nuit… je penche,
Trop difforme pour être accepté,
Même les oiseaux semble se moquer.
Moi je ne suis pas intéressant,
Pas assez pour que l'on m'écoute.
Perdu dans mes pensées des instants,
Attendant l'arrivée du doute.
M'aimez-vous ? Est-ce vraiment sincère ?
Solitaire, dans la forêt, j'erre.
M'aimez vous là réellement
Quand ici dans le même temps,
Vous m'oubliez, seul à mon sort.
Au loin, belle, arrive la mort.
Peut être m'aimez vous vraiment,
Mais je ne ressens rien de vous,
Désolé, j'ai peur quand on ment…
Mais rien n'émane de nous.
J'ai l'impression d'être loin,
Je ne suis plus rien qu'un point,
Trop loin pour me rapprocher.
Étranger à la branche
Où vous êtes accrochés.
Coincé sous l'avalanche,
D'un Mars sans âme ni fleurs,
Jours sans amour ni pleurs,
J'espère sans espoirs,
Dans ma lourde tête,
Tout est devenu noir.
Je suis qu'une bête,
Perdu dans la forêt,
Absence de raison,
Et au fond, j'aimerais
Retrouver ma maison.